Mémoires particuliers pour servir à l'histoire de la fin du règne de Louis XVI
par A.F. de Bertrand-Molleville

Chez L.G. Michaud, Imprimeur du Roi
Paris 1816

Extrait de l'introduction
Notre Histoire présente sans doute bien peu d'époques où les Mémoires d'un ministre, qui n'a été que cinq mois et demi en place , puissent être de quelque intérêt qu'elle n'en présente aucune où les événements les plus extraordinaires et les plus désastreux aient été aussi multipliés. Un des derniers rois du règne du digne et trop malheureux Louis XVI remplira plus de pages dans nos annales, que des années entières du règne du règne brillant de Louis XIV, ou de tel autre de ses prédécesseurs.
Mon objet n'est pas ici de tracer les événements publics des dernières crises de notre révolution ; ils sont assez connus, et des milliers d'écrits n'en conserveront que trop le souvenir déchirant, souvent affreux, qui imprime au nom français une tâche horrible, que des siècles de repentir et de larmes ne pourront effacer. Ces Mémoires ne sont, en grande partie, que le mis au net des notes particulières que j'ai recueillies sur des faits intéressants, peu connus ou entièrement ignorés qui se sont passés pendant ou depuis mon ministère, et dont j'ai été à portée d'être exactement instruit, non seulement à raison de la confiance particulière dont le Roi et la Reine honoraient mon zèle, mais encore plus par ma correspondance journalières avec leurs Majestés, jusqu'à l'époque fatale du 10 août 1792. Ces faits, que je placerai par ordre de date, et que je rapporterai avec la simplicité et la vérité scrupuleuse qui doivent caractériser l'histoire, serviront à compléter celle de la révolution, et à faire connaître les principaux personnages qui y ont joué un rôle aux différentes époques dont je parlerai : on y verra surtout à découvert le caractère et les vertus de monarque infortuné, qui a payé de son sang, et de celui de presque toute sa famille, les sacrifices qu'il a faits à son amour pour son peuple, à l'espérance de le rendre plus heureux, et au désir, aussi vain que funeste, de lui donner un meilleur gouvernement, ou, comme on le disait alors sans trop s'entendre, un gouvernement plus libre.
Avec des ministres plus forts, plus habiles, et plus éclairés que ceux qui composaient alors le conseil, les intentions pieuses de Louis XVI eussent pu être très aisément remplies, non par la tentative insensée et toujours périlleuse de changer le gouvernement, mais, au contraire, en rendant à notre vieille et bonne monarchie sa première vigueur, par le rétablissement de ses anciennes lois, et par la réforme des abus, qui étaient la suite nécessaire de leur désuétude...

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dernière modification : 18 mars 2013
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