Lettres d'Adélaïde de Souza à Charles de Flahaut, son fils
(CHAN 565 AP 9)
15 janvier 1816

Je ne t'écrirai qu'un mot aujourd'hui, mon cher ami, parce que je suis enrhumée du cerveau, et que je mouche, tousse, éternue à chaque minute. Cela me fera tous les biens du monde quand cela sera passé. J'attends de Frederick ton habit pour te faire envoyer ta caisse.
As-tu vu M. Bennet ? Son ami Wilson est au secret ici, ainsi que Bruce (?) et Hutchinson. Il n'est permis à personne de les voir. Ce qui est plus fâcheux, c'est qu'on a saisi chez le premier beaucoup de papiers à la louange de B. mon ami. On dit que c'est haute trahison que d'avoir fait échapper un prisonnier condamné et que le moins qu'il puisse lui arriver est d'être 5 ans en prison.
Adieu, cher ami, tu sais que je t'aime de toute mon âme.
Dis au duc de Bedford que j'ai d'abord soigné lord William par reconnaissance pour les bontés qu'il avait pour toi, mais qu'aujourd'hui c'est par une amitié véritable pour ce bashful child et que lorsque je l'appelle comme cela , il rit de tout son coeur. Du reste, je lui fais faire de belles connaissances et je l'ai mené chez Mlle Le Normand, enfin, le duc de Bedford doit de l'intérêt à mes intentions de soigner son fils, car pour le fait, excepté le premier jour, il n'a point permis que je lui donnasse ces soins de mère que je lui aurais offert avec tant de plaisir ! D'abord pour lui, et puis ils m'auront rappelé le bienheureux temps où tu me grognais quand mon coeur te prenait encore pour mon maillot.
Alphonse te fait mille compliments.
Dans une ferme, près de sa terre, 30 hommes français sont arrivés au milieu de la nuit, ont demandé 30 écus de pain et du vin ; on a voulu refuser ils ont déclaré qu'il les leur fallait. On leur a passé par-dessus le mur ce qu'ils demandaient et ils sont partis sans qu'on sache où ils sont allés.
On déplace tout le monde.
Adieu, cher ami, mes bien tendres compliments à lord et lady Holland. Nous languissons après le Camoëns.
Savoir que tu es heureux d'être dans cette heureuse Angleterre. Un moment on disait hier tout haut que M. de Tall. était en pleine disgrâce et qu'il allait partir pour l'Italie. Tu sais que la voix du peuple est la voie de Dieu, qu'il n'y a point de fumée sans feu , enfin que les proverbes sont la sagesse des nations.
M. de la Woestine est colonel au service des Pays-Bas , il est enchanté de son Roi, et là on traite les militaires avec considération. Excelmanns (?) , travaille à passer à ce service.
Adieu, cher et bien doux ami.

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dernière modification : 26 décembre 2019
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