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7 décembre 1851

Charles de Flahaut à Madame de Flahaut

 

J'ai reçu une lettre d'Emilie écrite dans l'esprit que vous me signalez et j'y ai répondu. Dites-lui de vous montrer ma réponse. Je n'ai assurément pas l'intention d'accepter aucune fonction ; atant donné l'état de santé de Louisa (La dernière fille de Flahaut. Elle était phtisique et mourut dix-huit mois plus tard), ce serait une séparation trop pénible ; mais je ne puis refuser à Auguste et au Président le soutien moral dont ils ont besoin, surtout au début. J'espère vous rejoindre le 22 ou le 23.
Bien des mesures énergiques doivent être prises. Il serait véritablement navrant que le Gouvernement anglais eût la vue assez courte pour juger de ce qui se passe d'après les principes et les actes anglais. Tout est différent - hommes et choses. Lisez ma lettre à Emilie (du 6 décembre) : j'y ai exposé l'état de choses qui a amené à prendre la résolution du coup d'Etat et à l'exécuter. Toutes les personnes sérieuses commencent à admettre que c'était la seule manière de sauver le pays des dangers qui le menacent ; par contre, les gens du monde seront insupportables cet hiver. La désunion est telle dans certaines familles que même à Passy (chez les Delessert) il y a un schisme absolu...

La confiance revient, les rentes remontent, et tout le pays, sauf les gens du monde, se réjouit de ce qui a eu lieu.
Il est étrange que Normandy ([sic], pour Normanby, Constantin, Henri Phipps, 1er marquis de (1797-1863), - membre du Parlement dans le parti whig, titulaire de hautes charges publiques, ambassadeur de Grande-Bretagne à Paris de 1846 à 1852. [note du traducteur]) se montre aussi réservé sur les derniers événements, lui qui a accepté si facilement et si plaisamment le renversement violent du
gouvernement de Louis-Ph[ilippe]....
Adieu, ma chère Marguerite ; j'ai hâte de vous revoir et vous pouvez compter sur moi aussitôt que les votes auront été émis - soit le 23 ou le 24.

Post-scriptum :
Ma chère Louise,
J'ai reçu et lu à Auguste votre aimable petit mot. Il en a été touché jusqu'au coeur. Pauvre garçon - il s'est amirablement conduit, mais il est l'objet de la haine de tous les représentants et de tout ce qui tient à eux...

  • Le secret du coup d'Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.170 à 172)
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