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17 septembre 1860

Morny à Emilie de Flahaut

 

"L'Empereur, lui dit-il le 17 septembre 1860, est bien loin de ressembler à son oncle sous le rapport de l'ambition, on n'a rien à craindre de lui. Il est très contrarié de la conduite du Piémont, mais que peut-il y faire ? Et enfin, est-ce du côté de l'Angleterre que ce qui se passe en Italie devait trouver de la désapprobation ? L'Europe d'aujourd'hui ressemble-t-elle à celle de 1815 ? Une coalition contre la France la forcerait à se mettre à le tête des nationalités, à faire une guerre de propagande et de révolution, et d'émancipation en Russie, en Hongrie, en Autriche ; toute l'Italie sous un sceptre libéral, cela pourrait bien tourner à la confusion des souverains absolutistes, au renversement des trônes. Et tout cela pour une défiance injuste, pour des misères et sans qu'on n'ait jamais fait quoi que ce soit contre l'Angleterre, contre son honneur ou ses intérêts, loin de là, car jamais l'Empereur n'a perdu une occasion de lui témoigner sa sympathie et son désir de bien vivre avec elle.

Chère Emilie, usez de votre influence et de votre bon sens pour adoucir, persuader. Clarendon a vu l'Empereur, je sais qu'ils ont été très contents l'un de l'autre. C'est donc Palmerston ou Russel."

 

* Morny et son temps (Parturier / Hachette / p.201-202)

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