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Bowood, dimanche 16 novembre 1851

Lady Shelburne à Mme de Flahaut

 

Je vous renvoie la lettre de Papa avec tous mes remerciements. On est heureux d'avoir des récits dignes de créance parmi tous les bruits contradictoires dont les journaux sont pleins.
Vous savez quel est depuis longtemps mon sentiment sur le petit Thiers ; vous ne me soupçonnerez donc pas de partialité à son endroit. Mais je comprends fort bien que des hommes tels que M Molé et les plus respectables du parti modéré éprouvent un sérieux mécontentement d'être sommés d'abroger ce qu'on leur avait demandé de voter il n'y a guère plus d'un an (C'est-à-dire la loi électorale du 31 mai 1850), avant tout parce qu'ils serviraient les idées personnelles du Président. peut-être n'est-il pas politique de refuser de voter l'abrogation dans les circonstances que traverse actuellement le pays ; mais je conçois aisément qu'ils soient irrités. J'ai d'ailleurs l'impression que, si le Président avait laissé les événements suivre leur cours, - n'aurait-il pas même eu le nombre de voix requis par la Constitution, - il aurait pourtant été réélu par une majorité telle que tout autre candidat aurait été battu, et du moins sa réputation de constance et de bonne foi n'en aurait pas souffert.

 

* Le secret du coup d'Etat (Guedalla-Kerry / Emile-Paul 1928 /p.146-147)

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